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Le plan comptable est la liste organisée des comptes utilisés pour enregistrer les opérations d’une entreprise. Il donne une place stable à la banque, aux factures clients, aux ventes, aux salaires ou aux dettes. Bien construit, il permet de retrouver les chiffres et de comparer les exercices.

Le modèle ci-dessous est une trame pédagogique pour une petite entreprise suisse. Il doit être adapté à votre activité et à votre logiciel ; il ne reproduit pas l’intégralité d’un plan comptable de référence.

En bref

  • Le Code des obligations fixe des exigences de comptabilité et de présentation ; il n’impose pas à chaque PME une numérotation universelle des comptes.
  • Les classes 1 et 2 regroupent le bilan. Les classes suivantes organisent principalement les produits, charges et opérations de clôture.
  • Créez un compte quand il sert un contrôle ou une décision. Évitez de multiplier les comptes pour chaque fournisseur ou chaque achat isolé.

À quoi sert un plan comptable ?

Une opération doit être enregistrée de manière cohérente d’un mois à l’autre. Si un abonnement logiciel passe successivement dans « publicité », « matériel » et « informatique », votre comparaison des charges devient peu fiable.

Le plan comptable fournit un classement commun à l’entrepreneur, au comptable et à la fiduciaire. Il précise le numéro et le libellé de chaque compte. Les règles d’utilisation complètent ce classement : quelles dépenses y enregistrer, quel code TVA employer et quel justificatif conserver.

Il faut distinguer le compte comptable et le compte bancaire. Le premier est une catégorie dans vos livres ; le second est une relation avec une banque. Vous pouvez ainsi avoir plusieurs comptes comptables bancaires, un pour chaque compte réellement ouvert.

Quelles entreprises doivent tenir une comptabilité complète ?

Les Sàrl et les SA doivent tenir une comptabilité et présenter des comptes conformément au Code des obligations. Pour les raisons individuelles et sociétés de personnes, le seuil de 500’000 CHF de chiffre d’affaires du dernier exercice distingue le régime simplifié du régime complet.

Sous ce seuil, une RI peut tenir au minimum une comptabilité des recettes, des dépenses et du patrimoine. Cela ne dispense ni de conserver les justificatifs ni de connaître les actifs et les dettes de l’activité. Une comptabilité en partie double peut d’ailleurs rester utile volontairement.

Notre guide sur la comptabilité des RI et SNC détaille cette distinction. Dans cet article, les exemples utilisent la partie double : chaque opération a un débit et un crédit de même montant.

Comment comprendre les classes du plan comptable suisse ?

La structure suivante est couramment utilisée dans les plans pour PME. Selon le logiciel et le modèle retenu, certains intitulés et subdivisions varient. L’essentiel est de conserver une correspondance correcte avec les postes des comptes annuels.

Classe Contenu général Exemples
1 Actifs Banque, clients, stock, matériel
2 Passifs et capitaux propres Fournisseurs, emprunts, capital
3 Produits d’exploitation Ventes de biens et prestations
4 Charges de matières, marchandises et prestations Achats revendus, sous-traitance directe
5 Charges de personnel Salaires et charges sociales
6 Autres charges d’exploitation Loyer, informatique, assurances, amortissements
7 Résultat d’activités annexes Activités secondaires identifiées
8 Autres résultats et impôts Éléments hors exploitation, exceptionnels ou fiscaux selon le plan
9 Clôture et comptes propres au système Transferts et opérations techniques selon le logiciel

Les classes du bilan décrivent une situation à une date. Les produits et charges décrivent l’activité d’une période. Pour approfondir, consultez la différence entre bilan et compte de résultat.

Un modèle de comptes pour une petite PME

Voici une base indicative. Les numéros proposés doivent être rapprochés du plan déjà utilisé dans votre logiciel avant toute reprise. Un même numéro peut avoir une fonction différente dans un modèle personnalisé.

Numéro indicatif Compte Utilisation
1000 Caisse Espèces réellement détenues
1020 Banque CHF Mouvements d’un compte bancaire précis
1100 Créances clients Factures clients restant à encaisser
1170 Impôt préalable sur achats TVA déductible sur achats concernés
1171 Impôt préalable sur investissements et autres charges TVA déductible correspondante
1200 Stock de marchandises Marchandises détenues à la date du bilan
1500 Machines et appareils Immobilisations selon la politique retenue
2000 Dettes fournisseurs Factures reçues restant à payer
2200 TVA due TVA sur les ventes
2201 Décompte TVA Solde transféré vers le décompte selon l’organisation
2300 Passifs de régularisation Charges de l’exercice non encore facturées
2800 Capital Capital adapté à la forme juridique
3200 Ventes de marchandises Produits de revente
3400 Produits de prestations Honoraires et services
4200 Achats de marchandises Achats destinés à la revente
5000 Salaires Salaires bruts de l’entreprise
5700 Charges sociales Cotisations patronales selon subdivisions
6000 Loyer Locaux professionnels
6500 Frais administratifs Fournitures et frais administratifs définis
6570 Informatique Logiciels et prestations informatiques selon le plan
6800 Amortissements Répartition du coût des immobilisations

Il est souvent préférable de suivre les clients et fournisseurs dans des registres auxiliaires, reliés aux comptes collectifs 1100 et 2000. Vous obtenez ainsi le détail par tiers sans transformer le plan général en annuaire.

Trois écritures pour comprendre le fonctionnement

Les exemples suivants supposent une entreprise assujettie à la TVA à la méthode effective, un droit intégral à déduction et des prestations au taux normal de 8,1 %.

Une facture de services de 1’081 CHF TTC

La facture comprend 1’000 CHF de prestations et 81 CHF de TVA. Vous débitez « Créances clients » de 1’081 CHF, créditez « Produits de prestations » de 1’000 CHF et créditez « TVA due » de 81 CHF. À l’encaissement, vous débitez la banque et créditez le client de 1’081 CHF. La vente n’est pas enregistrée une seconde fois.

Un achat administratif de 108,10 CHF TTC

Pour un achat déductible de 100 CHF hors taxe payé par banque, vous débitez la charge concernée de 100 CHF et l’impôt préalable de 8,10 CHF. Vous créditez la banque de 108,10 CHF. Le code TVA du logiciel doit correspondre à la réalité de la facture.

Un virement entre deux comptes bancaires

Un transfert de 2’000 CHF entre vos comptes ne constitue ni un revenu ni une charge. Vous débitez le compte bancaire destinataire et créditez celui qui envoie les fonds. Les éventuels frais bancaires sont enregistrés séparément.

Le guide débit et crédit développe cette logique. Ces écritures ne doivent pas être transposées telles quelles à une entreprise non assujettie ou utilisant une autre méthode TVA.

Comment adapter le plan à votre activité ?

Partez des informations que vous devez suivre. Un commerce a besoin de distinguer les ventes, achats et stocks. Une entreprise de services peut souhaiter séparer les honoraires récurrents des missions ponctuelles. Dans les deux cas, l’analyse peut aussi passer par des centres de coûts ou des projets, sans multiplier les comptes généraux.

Ne créez pas un nouveau compte pour chaque dépense exceptionnelle. Demandez-vous si cette distinction servira encore dans un an et si elle peut être produite autrement. Un plan trop détaillé favorise les erreurs de classement ; un plan trop sommaire masque les informations utiles.

Quels contrôles prévoir au bouclement ?

  • Les soldes bancaires correspondent aux relevés à la date de clôture.
  • Les créances et dettes correspondent à des montants justifiés.
  • Le stock et les immobilisations sont documentés et évalués correctement.
  • Les comptes TVA sont rapprochés des décomptes.
  • Les opérations privées et les mouvements d’associés sont identifiés.
  • Les comptes d’attente sont expliqués et apurés autant que possible.

La stabilité du plan facilite également la comparaison avec l’année précédente. Si vous modifiez une structure, documentez la correspondance entre les anciens et les nouveaux comptes. Notre guide pour lire un bilan aide à relier ces contrôles à la situation de l’entreprise.

Conclusion : un classement au service de vos décisions

Un bon plan comptable reste compréhensible, stable et adapté à l’activité. Il sert à produire des comptes fiables et à répondre à des questions concrètes. Si vous reprenez un dossier ou changez de logiciel, faites valider la structure et les soldes d’ouverture avant de commencer les nouvelles saisies. Notre équipe comptable peut vous accompagner dans cette mise en place.

Questions fréquentes

Le plan comptable PME est-il obligatoire en Suisse ?

La loi fixe des exigences comptables et des rubriques de présentation, mais n’impose pas à toutes les PME une numérotation unique. Le plan choisi doit permettre de respecter ces exigences.

Peut-on modifier les numéros de comptes ?

Oui, si la structure reste cohérente et compatible avec le logiciel. Évitez de changer un numéro déjà utilisé sans contrôler les historiques, les états financiers et les correspondances TVA.

Un compte bancaire doit-il avoir son propre compte comptable ?

Oui, un suivi séparé par compte bancaire facilite le rapprochement avec les relevés. Il permet aussi d’identifier les transferts internes sans les confondre avec des ventes.

Faut-il un compte pour chaque client ?

Le détail peut être tenu dans un registre auxiliaire des clients, relié à un compte collectif. Cela permet de suivre les factures ouvertes sans multiplier les comptes généraux.

Combien de temps conserver les pièces comptables ?

Le Code des obligations prévoit en principe dix ans à compter de la fin de l’exercice pour les livres et pièces comptables. Des règles particulières peuvent imposer une conservation plus longue pour certains documents.

À propos de l’auteur

Romain Prieur

Romain Prieur
Expert-comptable diplômé, membre EXPERTsuisse

Romain Prieur est expert-comptable diplômé et fondateur d’Entreprendre.ch. Après plus de dix ans d’expérience dans l’audit et l’accompagnement d’entreprises en Suisse, il conseille des entrepreneurs sur la création, la comptabilité et la fiscalité de leur société.

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Romain Prieur

Romain Prieur est expert-comptable diplômé fédéral et fondateur d'Entreprendre.ch et de la Fiduciaire Karpeo, à Genève. Après 8 ans chez PwC Suisse, il a accompagné plus de 3'000 entrepreneurs dans la création de leur société en Suisse romande. Il est également chargé de cours à l'École CREA et chez EXPERTsuisse, et anime la chaîne YouTube « Entreprendre en Suisse avec Romain ».

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