Vous utilisez la voiture de l’entreprise pour vos rendez-vous, mais aussi le week-end ? La société paie alors une partie de vos déplacements privés. Cet avantage doit être pris en compte, même si aucun argent supplémentaire ne vous est versé.
Le calcul le plus courant est de 0,9 % par mois du prix d’achat hors TVA, avec un minimum de 150 CHF. Il faut ensuite traiter correctement cet avantage dans le salaire ou les comptes de l’indépendant, puis examiner la TVA.
En bref
- Le forfait ordinaire est de 0,9 % du prix d’achat hors TVA par mois, au minimum 150 CHF.
- Pour un véhicule à 40’000 CHF hors TVA, cela représente 360 CHF par mois et 4’320 CHF par an.
- En leasing, on retient le prix comptant hors TVA indiqué au contrat, pas la mensualité.
- Pour un salarié, la part privée est un avantage salarial à déclarer ; pour un indépendant, elle corrige les frais privés supportés par l’activité.
- Les véhicules de luxe et la TVA demandent un examen distinct. Il n’existe pas de seuil de luxe uniforme pour toute la Suisse.
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Pourquoi faut-il calculer une part privée ?
Les dépenses professionnelles peuvent être supportées par l’entreprise. Les dépenses privées du dirigeant ou d’un salarié ne peuvent pas disparaître dans les frais généraux simplement parce que le véhicule est acheté au nom de la société.
La part privée donne une valeur à l’usage personnel de la voiture : loisirs et vacances, notamment. Pour un salarié, le forfait actuel couvre aussi les déplacements entre le domicile et le lieu de travail. Cette dernière règle ne doit pas être transposée telle quelle à l’indépendant : la pratique genevoise considère ses trajets domicile–travail comme professionnels. Le statut de l’utilisateur compte donc avant même de choisir la méthode. La part privée s’ajoute à la réflexion sur l’achat ou le leasing, les assurances, l’entretien et l’amortissement comptable.
Posséder aussi une voiture privée ne suffit pas à supprimer la part privée sur celle de l’entreprise. Il faut examiner l’usage et les conditions réelles de mise à disposition. À l’inverse, un véhicule dont l’usage privé est fortement restreint par un équipement professionnel permanent peut relever d’un traitement différent.
Calculer le forfait de 0,9 %
Le forfait concerne le cas usuel où l’employeur supporte les frais du véhicule, sous réserve notamment du carburant des longs trajets privés. On retient le prix d’achat hors TVA, équipements spéciaux compris.
| Prix d’achat hors TVA | Calcul mensuel | Part privée retenue par mois | Pour douze mois |
|---|---|---|---|
| 12’000 CHF | 108 CHF | 150 CHF, minimum | 1’800 CHF |
| 40’000 CHF | 360 CHF | 360 CHF | 4’320 CHF |
| 60’000 CHF | 540 CHF | 540 CHF | 6’480 CHF |
Le forfait annuel correspond à 10,8 % pour une mise à disposition pendant douze mois. Ne calculez pas douze mois automatiquement lorsque la mise à disposition commence ou prend fin en cours d’année.
Véhicule d’occasion ou leasing
Pour un achat d’occasion, la base est le prix d’acquisition pertinent, pas systématiquement le prix catalogue du véhicule neuf. Conservez la facture.
Pour un leasing, utilisez le prix d’achat au comptant hors TVA figurant au contrat ou la valeur contractuelle déterminante. Une mensualité de 600 CHF ne conduit donc pas à une part privée de 5,40 CHF. La voiture n’appartient peut-être pas juridiquement à l’entreprise, mais son utilisation privée conserve une valeur.
Et les trajets domicile–travail ?
Pour un salarié, depuis 2022, ces trajets sont intégrés au forfait de 0,9 %. Dans le cas ordinaire, on ne rajoute pas une seconde valorisation des mêmes trajets et l’employeur coche la case F du certificat de salaire. La déduction des déplacements doit être cohérente avec cette prise en charge. Pour un indépendant, ne transposez pas automatiquement cette règle salariale : vérifiez la méthode et la qualification des trajets applicables, notamment dans la pratique cantonale documentée.
Peut-on choisir un calcul effectif ?
Oui, à condition de documenter les déplacements avec un livre de bord conforme. Il doit permettre de distinguer les trajets professionnels des trajets privés, avec des relevés suivis et vérifiables. Reconstituer grossièrement un pourcentage en décembre est beaucoup moins solide.
Pour un salarié, le guide fédéral 2026 prévoit de multiplier les kilomètres privés, trajets domicile–travail compris, par le barème kilométrique correspondant. Il donne notamment un exemple à 75 centimes par kilomètre. Le tarif applicable doit être vérifié pour la situation concernée.
Pour un indépendant, une répartition des coûts effectifs peut servir à identifier la fraction privée. Par exemple, si 3’000 kilomètres privés représentent 15 % des 20’000 kilomètres parcourus et que les frais annuels pertinents atteignent 15’000 CHF, une répartition de ces frais donnerait 2’250 CHF. Cet exemple suppose que l’affectation du véhicule, les frais retenus et la méthode sont admis. Il ne remplace pas la méthode salariale par kilomètre.
Choisir la méthode effective uniquement l’année où elle est favorable, puis revenir librement au forfait, n’est pas nécessairement admis. Certaines pratiques cantonales imposent une continuité, notamment jusqu’au changement de véhicule.
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Véhicule en Sàrl ou SA : comment ça marche ?
Romain Prieur, fondateur d’Entreprendre.ch, présente le fonctionnement du véhicule d’entreprise en Sàrl ou SA. Un complément aux explications sur la part privée et son traitement dans le salaire ou la comptabilité.
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Quelle TVA sur la part privée ?
Le traitement dépend notamment de la qualité de l’utilisateur, de la méthode de décompte TVA et du droit à l’impôt préalable. La mise à disposition à un salarié et le prélèvement privé d’un indépendant ne se traitent pas automatiquement de la même manière.
Il faut d’abord déterminer si l’on traite une prestation taxable fournie à un salarié ou une correction de l’impôt préalable liée à l’usage privé d’un indépendant. Le simple montant du forfait salarial ne résout pas à lui seul cette qualification.
Une fois une base taxable TVA comprise établie, l’extraction de la taxe suit la formule : montant TTC × 8,1 ÷ 108,1. Pour une base illustrative de 4’320 CHF TTC, cela représente 323,70 CHF de TVA et 3’996,30 CHF hors TVA. Les 4’320 CHF sont utilisés ici pour relier le calcul au montant annuel de l’exemple précédent ; ce rapprochement arithmétique ne valide pas à lui seul son traitement TVA dans chaque dossier. Multiplier directement un montant TTC par 8,1 % serait incorrect.
Cet exemple arithmétique ne signifie pas que toutes les parts privées se règlent avec cette écriture. Les taux de la dette fiscale nette et les situations sans déduction préalable demandent leur propre analyse. Le guide TVA et les erreurs de décompte complètent ce point.
Véhicules de luxe : le seuil de 100’000 CHF
Le seuil de 100’000 CHF hors TVA n’est pas une particularité exclusivement genevoise. Ce repère figure notamment dans une ancienne pratique de l’Administration fédérale des contributions, appliquée dans une affaire valaisanne examinée par le Tribunal fédéral en 2013, consid. 9.1. Cette référence explique son origine ; elle ne constitue pas un barème TVA à appliquer tel quel aujourd’hui.
La question du véhicule de luxe se pose aussi hors de Genève. La pratique publiée de Thurgovie prévoit notamment un examen du caractère luxueux au-delà de 100’000 CHF pour les véhicules des associés de sociétés de capitaux. Un entrepreneur vaudois ne doit donc pas écarter cette question au seul motif qu’un exemple de calcul est publié par Genève.
Cela ne rend pas les seuils et méthodes identiques dans tous les cantons. À titre de comparaison, la directive zurichoise applicable dès 2026 retient un prix supérieur à 120’000 CHF hors TVA pour les véhicules des associés principaux actifs dans leur société et prévoit aussi ce seuil pour les indépendants. La justification professionnelle et le statut de l’utilisateur restent déterminants.
Exemple chiffré : la méthode publiée par Genève
Genève publie une méthode détaillée qui retient, sauf justification particulière, 100’000 CHF hors TVA comme limite de la partie ordinaire. Pour un véhicule acheté 140’000 CHF hors TVA, la part privée annuelle se décompose ainsi durant les cinq premières années :
| Élément de la correction annuelle | Calcul | Montant |
|---|---|---|
| Usage privé de la partie ordinaire | 100’000 × 0,9 % × 12 | 10’800 CHF |
| Fraction d’achat de luxe, répartie sur cinq ans | 40’000 ÷ 5 | 8’000 CHF |
| Entretien de la fraction de luxe | 40’000 × 0,4 % × 12 | 1’920 CHF |
| Total annuel durant les cinq premières années | 10’800 + 8’000 + 1’920 | 20’720 CHF |
Dès la sixième année, l’exemple officiel donne 12’720 CHF par an : 10’800 CHF + 1’920 CHF. En leasing, l’étalement de la fraction d’achat suit la durée du contrat selon cette méthode.
Retenez donc deux points : le sujet n’est pas réservé à Genève, mais cet exemple n’est pas un barème uniforme pour toute la Suisse. Avant l’achat ou le leasing, faites vérifier le besoin professionnel, les règles du canton concerné et le traitement de la société comme de l’utilisateur. La TVA doit être examinée séparément.
Les pièces à conserver
Gardez la facture d’achat ou le contrat de leasing, les dates de mise à disposition, l’accord avec l’utilisateur, les éventuelles contributions et le livre de bord si vous utilisez la méthode effective. Comparez ensuite les montants en comptabilité, dans les décomptes TVA et sur le certificat de salaire.
Une voiture de fonction peut être une solution pratique. Elle n’efface pas le coût privé des déplacements. Notre fiduciaire peut vous aider à choisir un traitement cohérent avant l’achat ou lors de la clôture.
Questions fréquentes
Une voiture électrique échappe-t-elle au forfait ?
Non. Le forfait s’applique en principe aussi aux véhicules électriques et hybrides. Le traitement de frais particuliers doit être vérifié séparément.
Le minimum de 150 CHF concerne-t-il tous les calculs effectifs ?
Il s’agit du minimum du forfait ordinaire. Il ne faut pas le transférer automatiquement à toutes les méthodes effectives.
Peut-on simplement ne pas déclarer de part privée ?
Seulement si la situation justifie effectivement l’absence d’avantage privé selon les règles applicables. Une affirmation orale ou la possession d’une seconde voiture ne suffit pas.
Le seuil de 100’000 CHF pour les véhicules de luxe est-il réservé à Genève ?
Non. Ce repère a un antécédent dans la pratique fédérale et apparaît aussi dans d’autres pratiques cantonales. Les modalités ne sont toutefois pas uniformes : Zurich retient par exemple un seuil supérieur à 120’000 CHF hors TVA pour les catégories concernées dès 2026. Le calcul genevois ne doit donc pas être transposé automatiquement à tous les cantons.
Sources et mise à jour
- AFC/CSI — guide du certificat de salaire 2026, chiffres 21 à 25.
- Genève — véhicules d’entreprise utilisés à des fins privées.
- Berne — utilisation privée d’un véhicule d’entreprise.
- Tribunal fédéral — arrêt 2C_645/2012 du 13 février 2013, consid. 9.1 : antécédent de la pratique fédérale.
- Thurgovie — pratique fiscale, StP 19 no 5, ch. 2.3.2.
- Zurich — directive ZStB 17.1 applicable dès 2026.
Vérification documentaire : 20 septembre 2026.

Comment la traiter dans le salaire ou la comptabilité ?
Salarié ou dirigeant salarié d’une Sàrl/SA
La part privée est généralement ajoutée au salaire déterminant comme avantage en nature et déclarée au chiffre 2.2 du certificat de salaire. Son traitement doit être cohérent avec les cotisations sociales et les éventuelles contributions payées par le salarié.
Elle n’est pas versée une deuxième fois en espèces. Le décompte salarial peut donc ajouter l’avantage pour calculer les bases, puis le déduire du net à payer puisqu’il a déjà été fourni sous forme d’usage du véhicule. Les écritures exactes dépendent du logiciel et du plan comptable.
Une participation du salarié aux frais peut modifier le calcul, mais payer seulement le carburant des vacances ne supprime pas automatiquement le forfait. Pour comprendre l’ensemble de la rémunération du dirigeant, consultez salaire ou dividende.
Entrepreneur en raison individuelle
Vous ne vous établissez pas un salaire à vous-même. La part privée sert à exclure du résultat professionnel les frais qui relèvent de votre usage personnel. L’affectation du véhicule à la fortune commerciale doit aussi être examinée.
Dans les deux cas, une écriture de clôture doit pouvoir être reliée à une facture d’achat, un contrat, une période d’utilisation et une méthode. C’est cette cohérence qui rend le calcul défendable.