Le devis est souvent le premier document contractuel formel entre un prestataire et son client. Pour un entrepreneur, un devis clair et bien structuré instaure un climat de confiance avec le client en plus d’éviter les litiges ultérieurs. À l’inverse, un devis rédigé trop vaguement peut entraîner des erreurs coûteuses : désaccords sur l’étendue de la prestation, sur les délais ou le prix final…
Afin de ne pas vous tromper dans la rédaction de vos devis en Suisse, nous vous proposons dans cet article une méthode pédagogique pour structurer vos prestations point par point.
Nous verrons comment définir précisément le périmètre et les livrables de votre offre, mentionner les exclusions, fixer les délais et conditions de paiement, et ajouter les mentions indispensables. Le tout dans le but de réduire les risques de malentendus et de commencer chaque mission sur des bases saines et professionnelles.
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Faire un devis : obligatoire ou pas obligatoire ?
En Suisse, le devis n’est pas une obligation légale générale, sauf dans certains secteurs spécifiques où la réglementation prévoit des règles particulières (par exemple pour certains travaux de réparation, déménagements ou dépassements d’honoraires médicaux). Néanmoins, dans la pratique, il est fortement recommandé dans la plupart des domaines.
Par souci de professionnalisme, un devis écrit apporte une base contractuelle solide : une fois accepté, le client est tenu d’en honorer les termes, et le prestataire bénéficie également d’une preuve écrite en cas de litige sur un paiement ou sur la réalisation de la prestation.
En somme, un devis bien structuré sert à la fois de filet de sécurité juridique et d’outil de communication et de confiance avec vos clients.
Comment structurer ses prestations sur un devis en Suisse ?
Rédiger un devis en Suisse ne se résume pas à indiquer un prix global. La clé est de structurer vos prestations en plusieurs éléments clairs et compréhensibles.
Définir le périmètre de la prestation
La première étape pour un devis sans ambiguïté est de définir clairement le périmètre de la prestation. Le périmètre correspond à l’ensemble des services, travaux ou produits inclus dans votre offre. Il s’agit de décrire précisément ce qui est couvert par le projet : quelles tâches exactes serez-vous amené à accomplir ? Quels sont les produits fournis ? Jusqu’où vont vos interventions ?
Plus votre description est détaillée, moins le client risque d’interpréter à sa manière l’étendue de votre mission. Par exemple, au lieu d’indiquer simplement « consulting informatique », précisez les domaines ou modules concernés (installation d’un logiciel, formation de 2 heures, etc.) ainsi que les limites éventuelles.
En définissant vos limites d’intervention noir sur blanc, vous vous protégez également contre le débordement du projet (ce qu’on appelle le scope creep). Si le client souhaite aller au-delà du périmètre convenu, il saura que cela fera l’objet d’un devis additionnel ou d’un avenant (amendement) au devis initial, plutôt que d’être attendu gratuitement.
Lister les livrables prévus
En complément du périmètre, il est indispensable de lister précisément les livrables que vous vous engagez à fournir. Les livrables représentent les résultats concrets de votre prestation, ce que le client recevra à la fin (ou en cours) de mission.
Cela peut être un bien matériel (par exemple, « 50 brochures imprimées »), un fichier ou document (« site web livré en ligne »), un service complété (« formation de 8 heures délivrée »), etc. Préciser les livrables aide le client à bien visualiser ce qu’il obtiendra en échange du paiement, et là encore, élimine une grande part des malentendus.
Indiquer les tarifs, quantités et taxes
Pour chaque prestation listée, indiquez clairement le prix unitaire et le prix total de la ligne, en précisant les quantités ou unités prévues. Présentez vos tarifs de manière transparente, en distinguant le hors taxes (HT) du toutes taxes comprises (TTC) si votre activité est soumise à la TVA.
En Suisse, les taux de TVA applicables doivent figurer sur le devis (par exemple : « TVA 8,1% incluse » pour le taux standard actuel). Si vous n’êtes pas assujetti à la TVA, précisez-le avec la mention « TVA non applicable ».
Par souci de clarté, détaillez également les éléments inclus dans le prix et éventuellement ceux qui ne le sont pas. Par exemple, « les déplacements sur site sont inclus dans le tarif, à raison d’une visite hebdomadaire ». Si certains coûts annexes peuvent survenir (frais de matériel imprévu, sous-traitance…), il est prudent de le signaler dans le devis.
Dans le cadre d’un devis estimatif, n’hésitez pas à ajouter la mention « Prix indicatif ». Cela rappelle que le montant pourrait varier légèrement, tout en vous engageant à être aussi précis que possible.
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Préciser les conditions et les exclusions sur un devis
Un devis en Suisse doit aussi poser un cadre simple sur la façon dont la prestation sera réalisée et payée. Quand ces éléments sont écrits clairement, il y a moins d’interprétations possibles, donc moins de malentendus.
Définir la durée de validité du devis
Indiquez la durée de validité du devis (par exemple 30 jours). Si aucune durée n’est précisée, le devis doit en principe être accepté dans un délai raisonnable selon les circonstances.
Il reste toutefois recommandé de fixer une date limite d’acceptation, afin d’éviter toute incertitude et de se protéger contre d’éventuelles fluctuations de coûts (matériaux, taux de change, etc.).
Cette précision évite aussi qu’un client accepte le devis plusieurs mois plus tard, alors que vos prix ou votre disponibilité ont changé.
Indiquer les délais d’exécution et les conditions de réalisation
Mentionnez également le délai d’exécution des travaux ou services. Une formulation simple suffit, par exemple : « Délai de réalisation : 4 semaines à compter de la réception du paiement d’acompte ».
Si une date précise est importante pour le client, indiquez-la clairement dans le devis. Cela permet d’aligner les attentes dès le départ et d’éviter les incompréhensions sur la date de livraison prévue.
Préciser les exclusions : ce qui n’est pas compris dans la prestation
Autre volet souvent négligé mais tout aussi crucial : préciser les exclusions de votre offre, c’est-à-dire ce qui n’est pas compris dans la prestation. Par exemple, si vous proposez la création d’un site internet, vous pourriez exclure la maintenance du site au-delà de la livraison.
En outre, mentionner les exclusions peut ouvrir la porte à la discussion sur des options supplémentaires. Un client voyant qu’une prestation qu’il imaginait est exclue pourra demander à l’ajouter, ce qui donnera lieu à un devis complémentaire ou à une option chiffrée.
Détailler le paiement et les conditions contractuelles (CGV)
Ensuite, détaillez les modalités de paiement. Précisez si vous demandez un acompte (par exemple 30% à la commande, le solde à la livraison), les modes de paiement acceptés (virement bancaire, carte, etc.), et le délai de paiement (paiement à 30 jours, à réception de facture, etc.). Vous pouvez également rappeler les éventuelles pénalités de retard ou remises accordées, si c’est d’usage dans votre activité.
Enfin, n’hésitez pas à joindre ou référencer vos conditions générales de vente (CGV). Les CGV contiennent les clauses juridiques importantes (conditions d’annulation, responsabilités, garanties, juridiction compétente…) qui complètent le devis.
Les mentions obligatoires d’un devis en Suisse
En Suisse, pour qu’un devis soit complet et exploitable en cas de litige, certaines informations doivent y figurer. Assurez-vous d’inclure sur votre document les éléments suivants :
- Vos coordonnées complètes de prestataire : nom ou raison sociale, adresse, et numéro d’identification des entreprises (IDE).
- Les coordonnées du client (nom, adresse). Pour une entreprise cliente, ajoutez le nom de la personne de contact si possible.
- La date d’établissement du devis et éventuellement la durée estimée de la prestation (surtout pour une prestation de services).
- Le numéro de devis (référence interne) et la durée de validité de l’offre (ex : valable 60 jours à partir de la date d’émission).
- La description détaillée des prestations avec leur prix unitaire et total, comme vu plus haut (HT et TTC).
- Le taux de TVA applicable ou la mention d’exonération.
- La mention de validation : prévoyez un espace pour la date et la signature du client, avec la mention manuscrite « Bon pour accord » ou « Bon pour travaux ». C’est cet accord signé du client qui transforme le devis en un contrat engageant pour les deux parties.
Enfin, soignez la mise en page : un devis clair et bien présenté (logo, tableau ordonné, titres de sections, etc.) reflète le professionnalisme de votre entreprise.
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Les aspects juridiques du devis en Suisse
En plus de son aspect commercial, le devis a une dimension juridique importante en Suisse. Une fois signé par le client, il devient un véritable contrat entre vous (le prestataire) et votre client : vous êtes tenu d’exécuter la prestation aux conditions et prix prévus, et le client est tenu de payer pour le travail convenu.
Un devis en Suisse engage-t-il légalement le prestataire ?
Si le devis est signé par le client (idéalement avec la mention « bon pour accord »), il a valeur de contrat et engage formellement les deux parties. Un devis non signé a moins de valeur qu’un devis signé, mais un accord peut aussi exister à travers un échange écrit ou un comportement clair des parties.
En pratique, il est fortement déconseillé de commencer les travaux sans devis signé ou sans accord écrit clair.
Que faire si le projet dépasse le devis prévu ?
Malgré tous vos efforts, il peut arriver que le coût réel dépasse le devis (demandes additionnelles, imprévus). La règle d’or : communiquer proactivement. En Suisse, l’entrepreneur doit informer son client dès qu’il réalise que le devis risque d’être dépassé de manière significative.
Contactez le client, expliquez la situation et proposez une solution : un avenant pour travaux supplémentaires ou un ajustement négocié du prix.
Notre conseil est de toujours cadrer strictement l’étendue de la prestation dès le devis initial. Si le client demande des changements en cours de route, reformulez un devis supplémentaire ou un bon de commande additionnel à faire valider. Cette rigueur vous protège juridiquement et entretient une relation saine avec votre client.
Devis gratuit ou payant : que dit la loi ?
En principe, l’établissement d’un devis est gratuit, surtout dans les métiers de service et du bâtiment. Il s’agit d’un coût commercial accepté pour convaincre un prospect. Cependant, la loi suisse autorise un prestataire à facturer un devis particulièrement complexe ou technique, à condition d’en avertir le client à l’avance.
Si vous choisissez de le faire payer, indiquez-le clairement par écrit avant de le réaliser. Sans accord préalable du client, vous ne pouvez pas lui facturer cette préparation.
La gratuité du devis reste un atout commercial : même si vous y passez du temps non rémunéré, un devis bien fait augmente vos chances de conclure la vente. À vous de juger au cas par cas, mais la pratique courante reste de fournir des devis sans frais.
Conclusion
En résumé, prendre le temps de structurer vos devis en Suisse de manière détaillée est un investissement judicieux. Un devis complet et clair vous protège juridiquement, évite les malentendus coûteux et renforce la confiance de vos clients. Assurez-vous d’y décrire précisément vos prestations, d’indiquer les tarifs et conditions, et de respecter les obligations légales locales (mentions obligatoires, TVA, etc.).
N’oubliez pas que, une fois signé par le client, le devis engage fermement chacune des parties : c’est le socle d’une collaboration sans surprise. En allant à l’essentiel et en étant transparent dès la phase de devis, vous poserez les bases d’une relation client saine et professionnelle, gage de satisfaction et de succès à long terme pour votre entreprise.
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Le devis est-il obligatoire en Suisse ?
En Suisse, le devis n’est pas une obligation légale générale. Il est toutefois exigé dans certains secteurs spécifiques où la réglementation prévoit des règles particulières (par exemple certains travaux de réparation, déménagements ou dépassements d’honoraires médicaux). En pratique, il reste fortement recommandé dans la plupart des domaines.
Pourquoi un devis bien structuré est-il important ?
Un devis clair apporte une base contractuelle solide et évite les malentendus sur l’étendue de la prestation, les délais ou le prix final. Une fois accepté, il engage le client à en honorer les termes et constitue une preuve écrite en cas de litige.
Que faut-il détailler dans le périmètre d’un devis ?
Le périmètre doit décrire précisément les services, travaux ou produits inclus dans l’offre : tâches prévues, produits fournis et limites d’intervention. Plus la description est précise, moins le client risque d’interpréter l’étendue de la mission.
Pourquoi faut-il préciser les livrables dans un devis ?
Les livrables correspondent aux résultats concrets que le client recevra (par exemple un site web livré, une formation de 8 heures, des brochures imprimées). Les détailler permet au client de visualiser ce qu’il obtiendra en échange du paiement et réduit les risques de malentendus.
Comment présenter les prix et la TVA sur un devis en Suisse ?
Chaque prestation doit indiquer un prix unitaire et un total, avec les quantités prévues. Si l’activité est soumise à la TVA, les montants HT et TTC doivent être distingués et le taux applicable indiqué (par exemple « TVA 8,1% incluse »). Si l’entreprise n’est pas assujettie, la mention « TVA non applicable » doit figurer.
Que faire si le projet dépasse le devis initial ?
Si le coût risque d’être dépassé de manière significative, l’entrepreneur doit en informer le client. Il est recommandé de proposer un avenant ou un devis complémentaire pour les travaux supplémentaires, afin de formaliser l’accord et éviter un conflit au moment de la facturation.
Un devis en Suisse engage-t-il juridiquement les parties ?
Oui. Une fois signé par le client, idéalement avec la mention « bon pour accord », le devis a valeur de contrat. Le prestataire est tenu d’exécuter la prestation aux conditions prévues et le client est tenu de payer pour le travail convenu.