Vos ventes progressent, mais le bénéfice suit-il ? Le compte de résultat permet de répondre à cette question. Il rapproche les produits et les charges d’une période pour expliquer ce que l’activité a réellement dégagé.
On parle aussi de compte de pertes et profits, de compte PP ou de P&L. Il s’agit du document qui mesure les produits, les charges et le résultat sur une période.
En bref
- Le compte de résultat, aussi appelé compte de pertes et profits, présente les produits et les charges d’un exercice.
- Le résultat correspond aux produits moins les charges : un bénéfice s’il est positif, une perte s’il est négatif.
- Il faut distinguer résultat d’exploitation, résultat avant impôts et résultat net.
- Un bénéfice n’est pas un solde bancaire : les dates de paiement et les investissements suivent une autre logique.
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À quoi sert le compte de résultat ?
Le bilan décrit une situation à une date donnée. Le compte de résultat raconte l’activité sur une période, généralement un exercice annuel. Il permet de voir si les ventes couvrent les achats, les salaires, les loyers et les autres charges.
Dans une comptabilité tenue selon le principe de délimitation périodique, une prestation réalisée en décembre appartient à l’exercice concerné même si son paiement intervient en janvier. De même, une charge peut être comptabilisée avant son règlement.
Parler uniquement d’argent « gagné » ou « dépensé » serait donc imprécis. On analyse ici des produits et des charges, pas seulement des mouvements bancaires.
Un exemple de compte de résultat
Du chiffre d’affaires au résultat net
Voici un compte de résultat annuel fictif, en CHF hors TVA récupérable. Cette présentation pédagogique met en évidence les niveaux de résultat ; elle ne remplace pas la structure légale complète ni les rubriques exigées par les opérations propres à l’entreprise.
| Poste annuel | Montant en CHF |
|---|---|
| Ventes nettes | 300’000 |
| Coût des marchandises vendues | −90’000 |
| Marge brute | 210’000 |
| Charges de personnel | −120’000 |
| Autres charges d’exploitation | −45’000 |
| EBITDA | 45’000 |
| Amortissements | −10’000 |
| EBIT : résultat d’exploitation | 35’000 |
| Charges financières nettes | −3’000 |
| Résultat avant impôts | 32’000 |
| Impôts sur le bénéfice, hypothèse | −4’000 |
| Résultat net | 28’000 |
La marge brute représente 210’000 ÷ 300’000 = 70 % des ventes. Le résultat net, lui, ne représente que 28’000 ÷ 300’000 = 9,3 % des ventes après arrondi. Cette différence montre pourquoi une bonne marge sur les ventes ne suffit pas à mesurer la rentabilité finale.
Les 4’000 CHF d’impôts constituent une donnée fictive, pas un barème suisse. Les autres produits, éléments hors exploitation ou postes particuliers doivent être ajoutés lorsqu’ils existent.
Comprendre les principaux niveaux de résultat
Chiffre d’affaires et marge brute
Le chiffre d’affaires représente les ventes nettes. La marge brute en francs correspond à la différence entre ces ventes et le coût des marchandises vendues ou au coût retenu pour l’activité. Son périmètre doit être explicite pour permettre une comparaison.
EBITDA et EBIT
L’EBITDA désigne un résultat avant intérêts, impôts et amortissements, selon le périmètre utilisé. L’EBIT est un résultat avant intérêts et impôts, après amortissements. Ces indicateurs ne sont pas du cash disponible et leurs définitions doivent être rapprochées des comptes.
Dans notre exemple sans autres éléments, ils sont de 45’000 CHF et 35’000 CHF. Une entreprise qui investit beaucoup peut afficher un EBITDA satisfaisant tout en devant financer le remplacement de ses équipements.
Résultat avant impôts et résultat net
Le résultat avant impôts tient déjà compte des charges financières et des autres éléments concernés. Il ne faut donc pas le confondre avec le seul résultat d’exploitation. Le résultat net est obtenu après comptabilisation de l’ensemble des charges, y compris l’impôt de la société.
Comment utiliser ce document pour décider ?
Comparez les périodes à périmètre identique. Une hausse des salaires peut s’expliquer par un recrutement préparant de nouvelles ventes. Une baisse de marge peut venir des prix d’achat, de remises commerciales ou d’un changement dans les produits vendus.
Pour chaque variation importante, cherchez une explication concrète. Puis rapprochez le résultat du budget et des indicateurs de votre activité. Une comparaison sectorielle n’est utile que si les méthodes et les modèles économiques sont suffisamment proches.
Enfin, examinez la trésorerie. Le remboursement du capital d’un emprunt consomme des liquidités sans être une charge ; un amortissement est une charge sans paiement au moment de son enregistrement.
Suivez votre rentabilité tout au long de l’année
Le compte de résultat devient particulièrement utile lorsqu’il sert au suivi de votre activité, au-delà de la clôture annuelle. Comparer régulièrement vos revenus et vos charges permet de repérer les écarts, de comprendre ce qui pèse sur vos marges et de préparer vos décisions.
Avec notre accompagnement en comptabilité, vous disposez de comptes tenus à jour et d’explications adaptées à votre entreprise. Vous pouvez ainsi discuter de vos résultats, ajuster vos priorités et préparer la suite avec une meilleure visibilité.
Questions fréquentes
Compte de résultat et pertes et profits désignent-ils le même document ?
Oui, dans le langage courant des entreprises suisses. On rencontre aussi les abréviations PP ou P&L.
Un bénéfice garantit-il une bonne trésorerie ?
Non. Des clients qui paient tard, des stocks importants ou des investissements peuvent mobiliser l’argent malgré un bénéfice.
Faut-il attendre la clôture pour le consulter ?
Non. Un compte de résultat intermédiaire, correctement délimité, permet de suivre les marges et de corriger les écarts pendant l’année.

Comment se présente un compte de résultat suisse ?
L’article 959b CO prévoit une présentation par nature ou par fonction. Pour une petite entreprise, la présentation par nature est souvent plus facile à lire : les charges sont regroupées selon ce qu’elles représentent.
On y retrouve notamment les produits nets des ventes, les variations de stocks de produits finis et de prestations non facturées, les charges de matériel, de personnel et les autres charges d’exploitation. Viennent ensuite les amortissements et corrections de valeur concernés, le résultat financier, les éléments hors exploitation, les éléments exceptionnels, uniques ou hors période, puis les impôts directs.
Le classement d’une opération dépend de sa nature et du référentiel appliqué. La vente d’un ancien véhicule n’est pas automatiquement une opération hors exploitation. Une correction d’erreur n’est pas, par définition, un événement exceptionnel : il faut examiner la période et la substance.