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Le secteur de la beauté et du bien-être est l’un des plus dynamiques en Suisse. Salons de coiffure, instituts de beauté, centres de soins, spas : des milliers d’établissements actifs témoignent d’une demande soutenue.

Si vous souhaitez vous lancer dans ce secteur, bonne nouvelle : les perspectives sont réelles. Mais comme pour toute création d’activité, il est essentiel de bien préparer votre projet en amont.

Dans cet article, nous décryptons l’essentiel à connaître pour ouvrir une activité dans la beauté en Suisse, notamment sur les plans légal, administratif et financier.

Quel statut juridique choisir pour son salon ?

La première décision structurante est celle du choix de la forme juridique. Deux options dominent dans ce secteur en Suisse.

La raison individuelle

La raison individuelle est la forme la plus simple pour démarrer seul. Elle ne nécessite pas de capital minimum et la comptabilité peut être simplifiée si votre chiffre d’affaires reste en dessous des seuils légaux. Son principal inconvénient : votre patrimoine personnel est engagé en cas de dettes professionnelles.

Elle convient bien si vous démarrez seul avec un investissement modéré, dans un local loué, sans employés dans un premier temps.

La société à responsabilité limitée (Sàrl)

La société à responsabilité limitée (Sàrl) offre une protection de votre patrimoine personnel : vos biens privés ne peuvent pas être saisis pour couvrir les dettes de votre entreprise. Elle est particulièrement recommandée si vous investissez dans un équipement coûteux, si vous avez des employés, ou si vous envisagez d’associer quelqu’un à votre projet. Le capital minimum est de 20’000 CHF, entièrement libéré à la création.

Pour beaucoup de salons qui se développent, la Sàrl devient rapidement le choix le plus adapté. Notre comparatif entre la raison individuelle et la Sàrl vous aide à choisir en fonction de votre situation.

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Qualifications requises pour ouvrir un salon en Suisse

En Suisse, la profession de coiffeur ou d’esthéticien est réglementée. Des diplômes spécifiques sont requis pour exercer et, a fortiori, pour diriger un établissement.

Pour la coiffure

Pour ouvrir un salon de coiffure et exercer en tant qu’employeur, il vous faut le CFC (Certificat Fédéral de Capacité) de coiffeur. Si vous souhaitez former des apprentis, une qualification complémentaire est requise : en général le brevet fédéral de responsable d’entreprise de coiffure ou une attestation de cours de formateur en entreprise reconnu par le SEFRI (art. 44 LFPr). Sans cette qualification, vous ne pouvez pas diriger un établissement de coiffure en Suisse. Vous devrez faire appel à un associé ou un employé qualifié qui assumera la responsabilité technique.

La maîtrise fédérale de coiffeur n’est pas obligatoire pour ouvrir un salon si vous y travaillez vous-même avec votre CFC. Pour accueillir des apprentis, le titre requis est en règle générale le brevet fédéral de responsable d’entreprise (et non nécessairement la maîtrise fédérale, qui est un titre de niveau supérieur), ou une qualification de formateur en entreprise reconnue par le SEFRI.

Pour l’esthétique

Le secteur de l’esthétique est un peu plus ouvert. Les diplômes reconnus comprennent notamment le CFC d’esthéticienne-cosméticienne, les diplômes d’établissements privés reconnus (comme ceux de l’EPSIC à Lausanne ou équivalents cantonaux), et certains diplômes étrangers reconnus après validation.

Pour les soins spécialisés comme les épilations laser, les appareils à radiofréquence ou certains traitements médicaux, des certifications supplémentaires peuvent être requises. Renseignez-vous auprès de l’office cantonal compétent avant d’investir dans des équipements coûteux.

Les autorisations et démarches administratives

Ouvrir un salon ne se limite pas à trouver un local et acheter du matériel. Plusieurs démarches officielles sont nécessaires.

L’autorisation d’exploiter

Dans la plupart des cantons suisses, l’exploitation d’un salon de coiffure ou d’un institut de beauté nécessite une autorisation cantonale ou communale d’exploitation. Cette autorisation vérifie notamment vos qualifications, la conformité de vos locaux aux normes d’hygiène et de sécurité, et votre inscription au Registre du commerce.

Déposez votre demande d’autorisation auprès de l’office cantonal compétent (service des affaires économiques, office du commerce ou service de la santé selon le canton) dès que vous avez identifié votre local.

Inscription au Registre du commerce et autres démarches

Quand vous optez pour une raison individuelle, l’inscription au Registre du commerce est nécessaire dès lors que votre chiffre d’affaires dépasse 100’000 CHF (obligatoire) ou que vous souhaitez une reconnaissance officielle (volontaire en dessous du seuil). Pour une Sàrl, elle est systématiquement obligatoire.

Après inscription, vous recevrez votre numéro IDE, qui est votre identifiant officiel auprès de toutes les autorités. Il vous sera demandé pour toutes vos démarches administratives : TVA, assurances sociales, communes. Vous devrez également vous affilier à une caisse de compensation AVS et évaluer votre obligation d’inscription à la TVA.

Les assurances obligatoires et recommandées pour un salon

Dans ce secteur, les risques professionnels sont bien réels : réactions allergiques, brûlures, accidents, litiges clients. Une couverture adaptée est indispensable.

L’assurance accidents (LAA) est obligatoire dès que vous avez des employés. L’assurance responsabilité civile professionnelle (RC pro) est fortement recommandée : elle vous couvre en cas de dommage causé à un client (réaction cutanée à un produit, brûlure, etc.). Elle peut être souscrite auprès de la plupart des assureurs professionnels suisses, souvent à des tarifs accessibles pour les petites structures.

Pensez également à l’assurance de vos équipements (matériel de coiffure, machines esthétiques) et à la protection juridique, utile en cas de litige commercial ou avec un employé.

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L’espace et les normes d’hygiène à respecter

Le choix du local ne se limite pas à son emplacement ou à sa surface. Dans la coiffure et la beauté, l’espace doit aussi répondre à des exigences précises en matière d’hygiène, de sécurité et de conformité.

Hygiène et sécurité

Les salons de coiffure et les instituts de beauté sont soumis à des réglementations strictes en matière d’hygiène. Stérilisation des instruments, stockage des produits chimiques, évacuation des déchets spéciaux (teintures, etc.), ventilation des locaux : ces exigences doivent être anticipées dès la recherche du local.

Une inspection préalable par un inspecteur cantonal peut être exigée avant l’ouverture. Renseignez-vous auprès du service cantonal compétent sur les conditions exactes applicables dans votre canton.

Locaux et bail commercial

Le choix du local est stratégique. Emplacement (passage piéton, visibilité, accessibilité), surface (comptez au minimum 20-30 m² par poste de travail), eau chaude et froide à chaque poste, ventilation, conformité aux normes PMR (personnes à mobilité réduite) selon les réglementations cantonales.

Un bail commercial en Suisse est soumis à des règles spécifiques : durée minimum, protection du locataire, loyer indexé. Faites-vous accompagner par un avocat ou une fiduciaire pour la négociation du contrat, surtout pour les baux de longue durée impliquant des investissements importants.

Le financement : combien faut-il prévoir ?

Avant de se lancer, il est important d’estimer le budget nécessaire pour couvrir les premiers investissements et sécuriser le démarrage de l’activité.

Les coûts de démarrage

Les investissements pour un salon de coiffure ou un institut de beauté varient considérablement selon la taille et le positionnement. En règle générale, prévoyez entre 30’000 CHF et 100’000 CHF pour une structure de taille modeste, en tenant compte de : l’aménagement et la décoration du local (entre 10’000 CHF et 50’000 CHF), le matériel professionnel (meubles, fauteuils, bacs, appareils), le stock de produits de départ, les frais de création de l’entreprise, et un fonds de roulement couvrant 3 à 6 mois de charges fixes.

Le capital social minimum pour une Sàrl est de 20’000 CHF. Si vos investissements sont importants, évaluez dès le départ si vous avez besoin d’un financement complémentaire (prêt bancaire, cautionnement).

Les aides disponibles

Certains cantons proposent des aides à la création d’entreprise dans des secteurs porteurs. Renseignez-vous auprès de l’office cantonal de promotion économique. Les sociétés de cautionnement régionales (cautionnement romand, etc.) peuvent également garantir votre prêt bancaire si vous ne disposez pas de suffisamment de garanties personnelles.

Conclusion

Ouvrir un salon de coiffure ou de beauté en Suisse demande donc bien plus qu’une expertise métier. Choix de la forme juridique, qualifications, autorisations, local, normes d’hygiène, assurances ou encore budget de départ : chaque étape mérite d’être anticipée avec soin pour poser des bases solides.

Un projet bien préparé permet non seulement de limiter les imprévus, mais aussi d’aborder le lancement de son activité avec davantage de clarté et de sérénité. En cas de doute, se faire accompagner peut aider à avancer plus sereinement dans les démarches.

Entreprendre.ch peut notamment vous aider dans la création d’entreprise en Suisse, ainsi que dans les aspects administratifs, comptables et juridiques liés au démarrage de votre activité.

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FAQ – Ouvrir un institut de beauté ou un salon de coiffure en Suisse

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Faut-il absolument un CFC pour ouvrir un salon de coiffure en Suisse ?

Pas strictement si vous n’exercez pas vous-même. Mais en pratique, vous devrez vous assurer qu’un professionnel qualifié (employé ou associé) assume la responsabilité technique de l’établissement. La réglementation varie selon les cantons : vérifiez les exigences spécifiques auprès de l’office cantonal compétent.

Peut-on ouvrir un salon à domicile en Suisse ?

Oui, dans certaines conditions. Le règlement de votre immeuble ne doit pas l’interdire. Vous devrez respecter les mêmes normes d’hygiène qu’un salon ordinaire. Et selon le canton, une autorisation spécifique peut être requise. Renseignez-vous auprès de votre commune et de votre canton.

Faut-il s'inscrire à la TVA dès le début ?

L’inscription à la TVA est obligatoire si votre chiffre d’affaires annuel dépasse 100’000 CHF. En dessous de ce seuil, elle est facultative. Dans le secteur de la beauté, les prestations sont soumises au taux normal de TVA (8,1 % en 2026).

Peut-on embaucher des apprentis sans la maîtrise fédérale ?

Pas sans qualification reconnue. Former des apprentis requiert que la personne responsable de la formation dispose soit du brevet fédéral de responsable d’entreprise du secteur concerné, soit d’une attestation du cours de base pour formateurs en entreprise (Berufspädagogischer Grundkurs, art. 44 LFPr). Renseignez-vous auprès de l’association professionnelle de la coiffure (COIFF-E) ou de votre office cantonal de la formation professionnelle pour les exigences spécifiques à votre canton.

Quel régime social s'applique si je suis seule à travailler dans mon salon ?

Si vous êtes gérante salariée de votre Sàrl, vous êtes soumise aux cotisations sociales comme tout salarié (AVS, LPP, AC, LAA). Si vous exercez en raison individuelle, vous vous affiliez directement à la caisse AVS en tant qu’indépendante.

Romain Prieur

Romain est un des trois fondateurs de entreprendre.ch. Il est également expert-comptable diplômé en Suisse et fondateur de la Fiduciaire Karpeo à Genève et Lausanne. Romain conseille au quotidien les entrepreneurs et ceux qui souhaitent le devenir. Il est aussi chargé de cours pour la spécialité entrepreneuriat de l’Ecole Crea et au sein de l’organisation des experts-comptables suisses ExpertSuisse.