Vendre davantage ne suffit pas toujours à gagner davantage. Il faut aussi savoir ce qu’il reste après les coûts. La marge brute et la marge nette permettent de lire cette différence, tandis que le seuil de rentabilité indique le niveau de ventes nécessaire pour couvrir les charges.
En bref
- La marge brute en CHF correspond aux ventes moins le coût des marchandises vendues ou le coût de production retenu.
- La marge nette en pourcentage correspond au résultat net divisé par le chiffre d’affaires.
- Le seuil de rentabilité se calcule avec la marge sur coûts variables, qui n’est pas toujours la marge brute.
- Pour comparer des marges, utilisez le même périmètre de coûts et précisez toujours la base du pourcentage.
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Quelle différence entre marge brute et marge nette ?
La marge brute mesure ce qui reste après une première catégorie de coûts liés aux ventes. Dans un commerce, on retranche généralement le coût d’achat des marchandises vendues. Dans une activité de production, le périmètre peut être plus large : il doit être annoncé.
La marge nette tient compte de toutes les charges du périmètre, y compris les frais de structure, le financement et, pour une société, les impôts sur son résultat. Une bonne marge brute peut donc coexister avec une faible marge nette.
Le compte de résultat permet de suivre ces différents niveaux. Ne comparez pas directement une entreprise de services avec un commerce sans examiner la composition des coûts.
Calculer la marge brute
Marge brute = chiffre d’affaires net − coût des marchandises vendues.
Prenons un commerce : 100’000 CHF de ventes et 60’000 CHF de coût des marchandises vendues donnent 40’000 CHF de marge brute.
Rapportée aux ventes, cette marge représente 40’000 / 100’000 × 100 = 40 %. Les 60’000 CHF doivent correspondre aux marchandises effectivement vendues pendant la période, pas automatiquement aux achats payés pendant cette période : les stocks peuvent varier.
Taux de marge ou taux de marque ?
Ces mots sont parfois utilisés de façon imprécise. Dans le vocabulaire commercial qui les distingue, le taux de marque rapporte la marge au prix de vente, alors que le taux de marge la rapporte au coût d’achat.
Pour un produit acheté 60 CHF et vendu 100 CHF hors TVA, la marge est de 40 CHF. Elle représente 40 % du prix de vente et 66,7 % du coût d’achat. Les deux pourcentages sont justes, mais ne répondent pas à la même question.
Calculer la marge nette
Marge nette (%) = résultat net / chiffre d’affaires net × 100.
Si l’entreprise réalise 100’000 CHF de ventes et un résultat net de 10’000 CHF, sa marge nette est de 10 %. Elle conserve donc un bénéfice de 10 CHF pour 100 CHF de ventes, selon les charges prises en compte.
Ce bénéfice n’est pas nécessairement disponible en banque. Pour comprendre ce point, consultez la différence entre bénéfice et trésorerie.
Calculer le seuil de rentabilité et le point mort
Pour savoir quel chiffre d’affaires couvre les charges fixes, il faut séparer les charges fixes des charges variables.
Marge sur coûts variables = chiffre d’affaires − charges variables.
Seuil de rentabilité = charges fixes / taux de marge sur coûts variables.
Supposons 30’000 CHF de charges fixes et des coûts variables représentant 60 % des ventes. Le taux de marge sur coûts variables est de 40 %. Le seuil est donc de 30’000 / 0,40 = 75’000 CHF de chiffre d’affaires.
Ce calcul suppose que les charges retenues sont bien variables dans la proportion indiquée. En revanche, si certains coûts variables n’étaient pas inclus dans la marge brute, employer directement celle-ci donnerait un seuil incorrect.
Le terme « point mort » désigne souvent le moment où le seuil est atteint. Avec 100’000 CHF de ventes annuelles réparties uniformément sur 360 jours, le point mort de l’exemple se situe à 75’000 / 100’000 × 360 = 270 jours. Une activité saisonnière demande un calcul fondé sur ses ventes réelles ou prévisionnelles.
Protégez vos marges avant de chercher plus de volume
Vendre davantage ne suffit pas toujours à améliorer le résultat. Avant de modifier vos prix ou d’accorder une remise, mesurez son effet sur la marge et sur le volume nécessaire pour compenser. Un suivi par produit ou par prestation peut aussi révéler des écarts que les chiffres globaux masquent.
Notre accompagnement en comptabilité vous aide à mieux comprendre vos coûts et vos résultats. Vous disposez ainsi de repères concrets pour ajuster vos tarifs, maîtriser vos charges et concentrer vos efforts sur les activités rentables.
Questions fréquentes
Existe-t-il une bonne marge universelle ?
Non. Elle dépend du secteur, du modèle économique, des coûts inclus et du niveau de risque.
Peut-on avoir une marge brute positive et perdre de l’argent ?
Oui, lorsque les autres charges dépassent la marge brute.
Une remise de 10 % réduit-elle le bénéfice de 10 % ?
Pas nécessairement. Sur un produit vendu 100 CHF et coûtant 60 CHF, une remise de 10 CHF réduit la marge de 40 à 30 CHF, soit une baisse de 25 %, avant les autres charges.

Comment améliorer vos marges ?
Commencez par identifier la cause : achats plus chers, rabais trop importants, pertes de marchandises, reprises non facturées ou frais fixes devenus trop lourds.
Un pourcentage élevé n’est pas toujours préférable si le volume ou le risque diffère fortement. Examinez aussi la marge en CHF, la capacité disponible et les liquidités nécessaires.
Une remise de 10 % peut coûter 25 % de marge
Un produit est vendu 100 CHF hors TVA et son coût d’achat est de 60 CHF. La marge commerciale vaut 40 CHF, soit 40 % du prix de vente et 66,7 % du coût d’achat.
Après une remise de 10 CHF, le prix passe à 90 CHF mais le coût reste à 60 CHF. La marge vaut 30 CHF. Elle a diminué de 10 ÷ 40 = 25 %. Pour retrouver les 4’000 CHF de marge obtenus en vendant 100 unités au prix initial, il faudrait vendre 4’000 ÷ 30 = 133,33 unités, soit 134 unités entières, sous réserve de coûts et capacité inchangés.