Skip to main content
Créer mon entrepriseNotre accompagnement

Vous pouvez créer une entreprise en Suisse tout en résidant en France. Les démarches dépendent de votre nationalité, de la forme juridique choisie et de l’activité que vous exercerez personnellement en Suisse. Cet article reprend les conditions à connaître pour ouvrir une raison individuelle, une Sàrl ou une SA en tant que frontalier : autorisation de travail, adresse professionnelle, documents et fiscalité. Pour les étapes communes à tous les projets, consultez notre page dédiée à l’ouverture d’une entreprise en Suisse.

Créer son entreprise en Suisse en tant que frontalier : l’essentiel

  • Résidence : vous pouvez conserver votre domicile en France et exercer votre activité en Suisse.
  • Permis de travail : votre activité doit respecter les conditions d’autorisation applicables à votre situation.
  • Raison individuelle : aucun capital minimum. Votre statut d’indépendant doit être reconnu par la caisse de compensation compétente.
  • Sàrl ou SA : la société doit avoir son siège en Suisse et pouvoir être représentée par une personne qui y réside.
  • Fiscalité : les obligations de l’entreprise et celles du dirigeant frontalier se traitent séparément.

Être frontalier en Suisse

  Un frontalier réside dans un pays et travaille dans un pays voisin. En Suisse, il s’agit notamment de personnes domiciliées en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche. Vous pouvez travailler en Suisse en tant que Français, comme salarié ou comme indépendant. Pour les ressortissants de l’UE/AELE, le statut de frontalier prévoit un retour au domicile à l’étranger au moins une fois par semaine. Les règles fiscales peuvent retenir d’autres critères de retour. Le permis G et le régime fiscal des frontaliers répondent donc à des conditions distinctes.

Qui peut créer une entreprise en Suisse ?

  Créer une entreprise en Suisse est ouvert à toute personne, indépendamment de sa nationalité, à condition de respecter certaines conditions.

Les ressortissants des états membres de l’UE/AELE

Les ressortissants de l’Union Européenne (UE) et de l’Association Européenne de Libre-Échange (AELE) bénéficient de conditions relativement simples pour créer une entreprise en Suisse. S’ils vivent en Suisse ils doivent généralement posséder un permis de séjour valable, tel que le permis B (séjour de longue durée) ou le permis C (résidence permanente).

Les ressortissants des états tiers

Les ressortissants d’États tiers peuvent détenir une société suisse. Pour y exercer personnellement une activité, ils doivent remplir les conditions d’autorisation de travail propres à leur situation. Le permis G pour un ressortissant d’État tiers suppose notamment un droit de séjour durable dans un pays voisin de la Suisse et un domicile régulier depuis au moins six mois dans sa zone frontalière. Les conditions d’accès au marché du travail sont également examinées ; la résidence en France ne suffit donc pas à obtenir le permis. Ils doivent retourner à leur domicile à l’étranger au moins une fois par semaine. Ce régime relève du droit suisse des étrangers ; l’accord sur la libre circulation des personnes ne leur est pas applicable du seul fait de leur résidence en France.

Vous souhaitez faire le point sur votre projet ?

Une consultation de 30 minutes permet d’examiner votre situation, la forme juridique envisagée et les démarches à préparer. Tarif : 89 CHF.

Les conditions selon le type d’entreprise

  Le choix de la forme juridique détermine le capital à prévoir, votre responsabilité et les formalités de création. Pour un frontalier, la représentation de l’entreprise en Suisse est aussi un point important.

Créer une raison individuelle en Suisse en étant frontalier

La raison individuelle permet de démarrer seul, sans capital minimum ni acte de fondation devant notaire. Vous exercez en votre nom et répondez des dettes de l’activité sur votre patrimoine personnel. Vous devez disposer de locaux professionnels adaptés en Suisse et préparer votre autorisation de travail. À Genève, une simple boîte aux lettres ne suffit pas pour une activité indépendante frontalière. Faites examiner votre bail ou la solution de coworking envisagée en fonction de votre activité avant de vous engager. La caisse de compensation examine ensuite les conditions réelles de votre activité pour reconnaître votre statut d’indépendant : autonomie, risque économique et relations avec vos clients. L’inscription au Registre du commerce est en principe obligatoire pour une entreprise exploitée en la forme commerciale dès 100’000 CHF de chiffre d’affaires annuel. Elle peut aussi être volontaire en dessous de ce seuil. Elle ne remplace pas la reconnaissance AVS.

Créer une Sàrl en vivant en France

Une Sàrl nécessite un capital social d’au moins 20’000 CHF, entièrement libéré lors de la création. Vous pouvez en être l’associé unique tout en résidant en France. La société doit pouvoir être représentée par au moins un gérant ou directeur domicilié en Suisse, avec les pouvoirs de représentation nécessaires. Il faut organiser les droits de signature dès la préparation des statuts. Votre propre activité dans la société reste soumise aux règles de permis applicables.

Créer une société anonyme

La SA requiert un capital minimum de 100’000 CHF. À la constitution, au moins 20 % de la valeur nominale de chaque action doit être libérée, avec un minimum total de 50’000 CHF. Comme la Sàrl, elle doit pouvoir être représentée par une personne domiciliée en Suisse. Le choix entre Sàrl et SA dépend notamment des associés, du financement et de l’évolution prévue de l’entreprise.

Adresse et représentant : deux éléments à prévoir. Une domiciliation de l’entreprise en Suisse fournit une adresse au siège. Pour une Sàrl ou une SA, il faut aussi une personne résidant en Suisse et habilitée à représenter la société.

Besoin d’une adresse pour votre entreprise en Suisse ?

Découvrez notre service de domiciliation à Genève pour établir le siège de votre entreprise.


Démarches et documents pour créer votre entreprise

  Les formalités de création restent celles de la forme juridique choisie, auxquelles s’ajoute la préparation de votre situation de frontalier.

01

Préciser votre activité et votre statut

Identifiez les lieux où vous travaillerez, les autorisations liées à votre profession et les démarches à effectuer auprès du canton. Une activité en raison individuelle et un emploi dans votre propre société se traitent différemment.

02

Choisir la structure et l’adresse en Suisse

Définissez la forme juridique, le siège, le nom de l’entreprise et les personnes qui pourront la représenter. Pour une Sàrl ou une SA, prévoyez dès cette étape le représentant domicilié en Suisse.

03

Réunir les documents

Préparez les pièces d’identité, la preuve d’adresse professionnelle et les justificatifs du projet. Pour une société de capitaux, ajoutez les statuts, la répartition des parts ou actions et les informations sur les organes et leurs signatures.

04

Constituer et inscrire l’entreprise

Pour une Sàrl ou une SA constituée en espèces, le capital est déposé sur un compte de consignation. Le notaire établit l’acte de fondation, puis le dossier est transmis au Registre du commerce. Pour une raison individuelle, les formalités sont plus légères.

05

Organiser les obligations après la création

Préparez l’affiliation aux assurances sociales, vérifiez la TVA et mettez en place votre comptabilité. Conservez dès le départ les factures, contrats et justificatifs de dépenses.

Quel budget et quels délais prévoir ?

Le budget comprend les frais de constitution, les éventuels frais bancaires, les émoluments du Registre du commerce et les légalisations de signatures. Pour un frontalier, ajoutez si nécessaire les frais de permis, de domiciliation et de représentation en Suisse. Chez Entreprendre.ch, la création d’une Sàrl est proposée dès 490 CHF HT, frais de notaire inclus. Les frais officiels et les autres prestations se prévoient séparément. Le capital de 20’000 CHF appartient à la société et peut financer ses dépenses professionnelles après sa libération. Le calendrier dépend du dossier, de la banque, du notaire et des autorités cantonales. Prévoyez séparément le délai de constitution de la société et celui de l’autorisation de travail. La date de début possible de votre activité doit être confirmée selon votre situation.

Les impôts pour les entrepreneurs frontaliers

Votre résidence en France, le lieu d’exercice de l’activité et la nature des revenus déterminent les obligations fiscales. Il faut distinguer les bénéfices d’une raison individuelle, les impôts d’une société et la rémunération de son dirigeant.

Les bénéfices d’une activité indépendante

Pour une activité indépendante exercée en Suisse par un résident fiscal français, la convention franco-suisse organise la répartition de l’imposition. L’administration française précise que les bénéfices professionnels suisses doivent aussi être déclarés en France, avec un mécanisme de crédit d’impôt pour éviter une double imposition dans les conditions prévues.

Les impôts d’une Sàrl ou d’une SA

Les sociétés de capitaux suisses paient des impôts sur le bénéfice et le capital. L’impôt fédéral direct sur le bénéfice est de 8,5 % du bénéfice net imposable. Les impôts cantonaux et communaux s’y ajoutent ; l’impôt sur le capital relève des cantons et communes. Le taux fédéral ne représente donc pas la charge fiscale totale. Notre comparatif des impôts des entreprises par canton permet de comprendre ces différences. Vous pouvez aussi comparer l’impôt sur les sociétés en France et en Suisse.

Votre salaire de dirigeant frontalier

Si votre société vous verse un salaire, son traitement fiscal dépend notamment du canton, de vos fonctions et des conditions de retour en France. À Genève, le salaire est généralement soumis à l’impôt suisse à la source, avec déclaration en France et élimination de la double imposition selon la convention. Dans les huit cantons couverts par l’accord frontalier de 1983, dont Vaud, le Valais, Neuchâtel et le Jura, les salaires peuvent être imposables en France lorsque les conditions du régime sont remplies. Les dividendes font l’objet d’un traitement distinct.

La TVA suisse

L’assujettissement à la TVA dépend de l’activité et du chiffre d’affaires déterminant. Le seuil général est de 100’000 CHF de chiffre d’affaires annuel mondial provenant de prestations qui ne sont pas exclues du champ de l’impôt. Les taux de TVA suisses sont de 8,1 % au taux normal, 2,6 % au taux réduit et 3,8 % pour l’hébergement. La facturation à des clients français demande aussi de vérifier le lieu de la prestation et les règles transfrontalières.

Les assurances sociales à prévoir

Pour une raison individuelle, la caisse de compensation décide de la reconnaissance du statut d’indépendant selon les conditions réelles d’exercice. Les cotisations AVS, AI et APG sont à votre charge. L’indépendant n’est pas couvert par l’assurance-chômage au titre de cette activité. Lorsque vous travaillez comme salarié de votre Sàrl ou de votre SA, la société assume les obligations d’employeur. Les assurances sociales doivent être organisées selon votre statut et la législation applicable. Si vous travaillez régulièrement dans les deux pays ou conservez un emploi en France, faites déterminer votre régime de sécurité sociale par les organismes compétents. Les règles de coordination dépendent notamment de la combinaison d’activités salariées et indépendantes. Vérifiez également votre assurance-maladie et les démarches liées au droit d’option lorsqu’il s’applique.

Questions fréquentes sur la création d’entreprise pour un frontalier

Peut-on créer une entreprise en Suisse en habitant en France ?

Oui. Vous pouvez conserver votre résidence en France. Les conditions varient selon votre nationalité et la structure choisie. Pour une Sàrl ou une SA, prévoyez le siège et la représentation en Suisse. Pour y exercer votre activité, vérifiez aussi l’autorisation de travail.

Un frontalier peut-il ouvrir une raison individuelle en Suisse ?

Oui, sous réserve des conditions d’accès au travail. Vous devez préparer votre adresse professionnelle, votre permis et votre dossier de reconnaissance AVS. Notre article sur la raison individuelle détaille son fonctionnement.

Faut-il un associé suisse pour créer une Sàrl ?

Vous pouvez détenir toutes les parts de votre Sàrl en vivant en France. La société doit pouvoir être représentée par un gérant ou directeur domicilié en Suisse. Le critère est la résidence et le pouvoir de représentation de cette personne, plutôt que sa nationalité ou sa participation au capital.

Une adresse de domiciliation suffit-elle pour une Sàrl ?

L’adresse de domiciliation et la représentation de la société sont deux besoins distincts. La Sàrl doit également disposer d’un gérant ou directeur résidant en Suisse avec les pouvoirs nécessaires.

Quels documents préparer pour un permis G indépendant ?

À Genève, le dossier UE/AELE comprend notamment une pièce d’identité, une présentation du projet avec ses prévisions financières et une preuve d’adresse professionnelle. Le canton d’activité vous indique la liste applicable à votre demande.

Peut-on créer sa société en Suisse et travailler depuis la France ?

Cette organisation doit être examinée avant de démarrer. Le lieu où vous exercez et dirigez réellement l’activité peut avoir des conséquences fiscales et sociales en France. Le siège inscrit en Suisse ne détermine pas, à lui seul, toutes vos obligations.

Où un indépendant frontalier paie-t-il ses impôts ?

Pour une activité indépendante exercée en Suisse, les bénéfices suisses peuvent y être imposables selon la convention. Un résident fiscal français doit aussi les déclarer en France, avec le mécanisme prévu pour éviter la double imposition. Le salaire versé par une Sàrl ou une SA relève d’autres règles.

Quand faut-il s’inscrire à la TVA suisse ?

L’inscription à la TVA devient en principe obligatoire à partir de 100’000 CHF de chiffre d’affaires annuel déterminant. La nature des prestations et les règles de début d’assujettissement doivent aussi être vérifiées.

Votre projet de création prend forme ?

Notre équipe vous accompagne dans la préparation du dossier, les démarches de constitution et le suivi de l’inscription de votre société.

Sources officielles

Mis à jour le 20 septembre 2026.

À propos de l’auteur
Romain Prieur

Romain Prieur
Expert-comptable diplômé, membre EXPERTsuisse

Romain Prieur est expert-comptable diplômé et fondateur d’Entreprendre.ch. Après plus de dix ans d’expérience dans l’audit et l’accompagnement d’entreprises en Suisse, il conseille des entrepreneurs sur la création, la comptabilité et la fiscalité de leur société.

Découvrir son parcours →

Romain Prieur

Romain Prieur est expert-comptable diplômé fédéral et fondateur d'Entreprendre.ch et de la Fiduciaire Karpeo, à Genève. Après 8 ans chez PwC Suisse, il a accompagné plus de 3'000 entrepreneurs dans la création de leur société en Suisse romande. Il est également chargé de cours à l'École CREA et chez EXPERTsuisse, et anime la chaîne YouTube « Entreprendre en Suisse avec Romain ».